La dot est censée sceller l’union entre deux familles. Selon le Code togolais des personnes et de la famille, elle doit rester symbolique et ne pas excéder 10 000 francs CFA (15€), versés à la famille de la fiancée.

Pourtant, bijoux en or, biens d’équipements, vêtements et billets ont remplacé les traditionnelles noix de kola, les bouteilles de sodabi et les pagnes.

La facture peut même s'élever parfois à 1 million de francs CFA (1500€) ! Certains jeunes, très attachés à cette tradition, dénoncent une évolution « mercantile » et « matérialiste », et de nombreux abus.Dans un pays où un tiers des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, la dot favorise-t-elle la pression au mariage précoce ? Cette tradition divise, en tout cas, les législateurs en Afrique de l’Ouest. Au Togo, comme au Bénin, pour préserver cette pratique traditionnelle, on cherche à concilier le droit moderne et le droit coutumier. Au Burkina Faso, la pratique est interdite par la loi, sous peine de sanctions civiles et pénales. Et elle l’a longtemps été en Côte d’Ivoire, jusqu’en 2019, où la nouvelle loi sur le mariage a supprimé l’interdiction de la dot.

Quel sens et quel avenir pour la dot, clé de voûte du mariage traditionnel ?

Reportage de Charlie Dupiot à Lomé et à Kara, réalisé avec l’aide du Fonds Muskoka au Togo, coordonné par l'UNICEF.